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Les danses de Maures et Chrétiens




Corse
Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011



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Ouverture d’une nouvelle rubrique :

LES DANSES DE MAURES ET CHRÉTIENS
en Amérique latine et en Espagne

Il existe d’innombrables versions de la danse des Maures et Chrétiens en Amérique latine et bien sûr en Espagne.
L’ancêtre de ce spectacle si répandu serait né au XIIe siècle en Aragon. Il s’agissait d’un combat simulé, mêlé de dialogues, produit des danses de bâtons et d’épées et des romances de la Reconquista, où Santiago (Saint-Jacques), monté sur un cheval blanc, surgissait d’entre les nuages au-dessus des batailles, pour terroriser les Maures et donner la victoire aux chrétiens. Transporté dans le Nouveau Monde, notamment dans les bagages des ordres missionnaires, il a suscité de nouvelles chorégraphies prenant place dans divers contextes festifs. Bien sûr le grand intérêt de ces spectacles dansés conçus à des fins didactiques est qu’ils sont autant de compromis entre la pensée indigène et celle des conquérants, certains laissant même encore entrevoir les danses indigènes belliqueuses qu’ils ont remplacées.
C’est le cas, par exemple, au Mexique, où la danse des Maures et Chrétiens a accompagné, dès ses premiers pas, le mouvement évangélisateur franciscain qui avait assimilé de nombreux emprunts aux traditions indigènes. Les Frères l’ont utilisée comme modèle pour christianiser les anciennes danses guerrières, mettant en avant l’image de Santiago et de la croix. Le thème de la prise de Jérusalem y est le plus répandu depuis le premier spectacle interprété par des indigènes à Tlaxcala en 1539. Les versions du Mexique contemporain, qui s’achèvent généralement par la conversion des infidèles et où les dialogues occupent une place privilégiée, peuvent être considérées comme des vestiges palpables de l’activité des premiers missionnaires. L’histoire se complique un peu pour les danse de Santiagos et apparentées, où les liens semblent plus effacés, comme semble également le dire l’accompagnement musical de la représentation, car si de véritables orchestres de cuivre peuvent accompagner les versions les plus "orthodoxes" des Maures et chrétiens, les Santiagos de la Sierra de Puebla, par exemple, dansent toujours au son de la flûte à six trous et du tambour à double-membrane, instruments qui ne marquent pas une rupture importante avec le passé.


On l’aura compris, les Moros y Cristianos ont beaucoup de choses à nous raconter, et le but de cette rubrique, que le livre de René Espinosa Hernández introduit magnifiquement, est justement de les laisser parler librement, quel que soit l’endroit où ils se trouvent.
Si vous avez travaillé sur cette danse, ou êtes en possession d’éléments pouvant éclairer la naissance de l’une de ses nombreuses versions, aider à la comprendre d’une quelconque manière, décrire la musique qui l’accompagne, cet espace vous est ouvert. Envoyez vos contributions à contact@musiquesdumonde.net, nous vous répondrons immédiatement par retour de courrier.