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Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011


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Du rouge aux fraises
par Klaus Blasquiz


Klaus Blasquiz en action sur la scène du théâtre America à La Havane, Cuba
(enregistrement du double album "Punto et trova de Sancti Spiritus", Ocora 2008)

On le sait des particules élémentaires : les observer implique un changement de leur position dans l’espace et même de leurs qualités fondamentales. Il en est de même avec les musiques du monde : les faiblesses, les partis pris, les méthodes et techniques, tout autant que les technologies des matériels d’enregistrement, tout cela peut imprimer une marque indélébile sur le message d’origine, sur la musique jouée par des musiciens dans un lieu donné.
La notation musicale ne donne - n’a jamais donné - que des informations fragmentaires.
Un enregistrement mono, doublé d’une bande passante limitée et de couches de bruits parasites, ne retransmet qu’une partie du signal sonore, donc de la musique.
Avec l’enregistrement stéréo, on obtient une meilleure approximation, vite gâchée par les traitements tels la compression de dynamique, les effets sonores (réverbération, écho) et autres égalisations.
En studio, on sépare systématiquement musiciens et instruments, les micros mono sont placés en extrême proximité et la pièce est totalement inerte acoustiquement. Il faut alors tout recréer artificiellement au mixage, avec les modes et la mode en vogue à l’époque de la production, qui font que l’on se sent l’obligation d’ajouter du sucre et du rouge aux fraises.
Limiter au strict minimum les interventions propres à dénaturer le signal est un combat perpétuel. Le respect de la musique, des musiciens et des auditeurs-témoins passe par une remise en question constante desdites méthodes et techniques. Musiques du Monde n’a de cesse de mettre en œuvre les meilleures conditions dans ses campagnes d’enregistrement. Affaire de respect.